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Quels sont les types de cavités
souterraines ?
Cavités
d'origine humaine :
Les marnières :
Ce sont des
cavités creusées, essentiellement aux XVIIIe
et XIXe siècles, pour extraire de la "marne"
(en fait de la craie) destinée à l'amendement des sols
(d'une part renouvellement en ions calcium indispensables à la
croissance des plantes, et d'autre part neutralisation des terres trop
acides).
Les déclarations d'ouverture de marnière ont été
rendues obligatoires en 1853, mais, pour échapper à l'impôt,
cette obligation a été bien souvent ignorée. Si
bien que ni leur nombre, ni leur localisation ne sont connus précisément.
Des estimations font état de plus de 100 000 pour l'ensemble
de la région Haute-Normandie !
Le plus souvent, les marnières étaient constituées
d'un puits vertical de 1,5 à 2 mètres de diamètre,
et de plusieurs dizaines de mètres (jusqu'à une trentaine)
de profondeur : ce puits donnait l'accès aux galeries ou chambres
d'exploitation creusées horizontalement. Une fois l'exploitation
terminée, le puits était bouché en surface sur
quelques mètres au moyen d'un assemblage de poutres de bois et
de terre : une fois la couverture végétale reconstituée,
les entrées de puits devenaient irrepérables, sauf si
le cultivateur plantait un arbre à côté.
De nos jours, la localisation des marnières est possible
dans une certaine mesure, mais nécessite des techniques parfois
très avancées. L'inventaire est jugé encore incomplet.

Vue
de l'intérieur d'une marnière.
Les carrières de pierre calcaire
à bâtir :
Il s'agissait
d'exploitations de craie destinée à la construction. Les
chambres d'exploitation pouvaient s'étendre sur plusieurs hectares
et mesurer 5 à 6 mètres de hauteur.
Les carrières de sable, argile,
silex et grès :
Leur exploitation
se faisait à faible profondeur et elles devaient s'effondrer
rapidement. Il existe peu d'informations les concernant.
Cavités
d'origine naturelle :
Les cavités
d'origine naturelle ou karst résultent de la dissolution de la
craie par les eaux d'infiltration chargées d'acide carbonique.
La circulation de ces eaux génère des grottes et des conduites
de taille variable et de géométrie très complexe.
Ce sont les vallées qui sont le plus affectées par ce genre
de cavités. Leur présence n'est pas rare cependant sous
les plateaux et en pieds de falaises.
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Quelles
sont les conséquences
du risque cavités souterraines ?
Tout
effondrement souterrain se répercutant en surface peut avoir des
conséquences : déstabilisation ou destruction d'un bâtiment,
d'une route...

Un
effondrement dû à une marnière dans un jardin.
Anciennes
marnières et carrières :
Il peut y
avoir effondrement partiel ou total de la cavité, dû soit
à l'éboulement des parois du puits, soit, plus grave à
celui des piliers ou des plafonds. Il en résulte en surface des
déformations allant de la simple dépression à peine
perceptible à l'oeil nu, à l'effondrement massif avec
cratère de plusieurs mètres de diamètre.
L'effondrement de marnière est d'autant plus grave que le phénomène
se produit le plus souvent brutalement, sans signe avant-coureur.
Les spécialistes considèrent que des pluies importantes
constituent une cause importante d'effondrement, une marnière
remplie d'eau étant soumise à une érosion des piliers
et à des phénomènes de pression sur les parois.
D'autres facteurs, comme la construction de bâtiments, ou des
vibrations répétées (routes, voies ferrées)
peuvent également intervenir.

Carrières
de sable, argile, silex et grès :
Elles se
sont en général effondrées très rapidement
en fin ou en cours d'extraction ; leur manifestation est très
rare.
Cavités
d'origine naturelle :
Le risque
peut se manifester comme pour une carrière ou une marnière,
mais avec moins d'ampleur sauf en cas de facteurs aggravants (écoulement
d'eau de surface) : les zones d'effondrement du toit peuvent alors
atteindre 50 mètres de diamètre.
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Quels
sont les communes à risque
dans la région Haute-Normandie ?
Seine-Maritime :
Le risque est
très diffus : pratiquement toutes les zones agricoles ou anciennement
agricoles sont concernées. A priori, hormis les pays de Bray et
sous les vallées humides, il existe un risque potentiel sur l'ensemble
du département, d'autant que l'extension actuelle de l'urbanisation
se fait essentiellement sur les anciennes zones agricoles.
Les premières
tentatives d'inventaire, du moins en ce qui concerne les marnières
et les carrières, semblent toutefois montrer que le risque affecterait
plus particulièrement la partie du pays de Caux située à
l'Ouest d'une ligne reliant Rouen à Dieppe. En ce qui concerne
les pierres à bâtir, les principaux sites ont été
Fécamp, Dieppedalle-Croisset et Saint Vigor d'Ymonville.
Eure :
Comme en Seine-Maritime,
le risque est extrêmement diffus.

Un
affaissement de chaussée dû à un effondrement de marnière.
Le
DDRM (Dossier Départemental des Risques Majeurs, qui présente
l'ensemble des risques naturels et technologiques) peut être
téléchargé dans son intégralité
sur les sites Internet des préfectures, en plusieurs fichiers
distincts, dont l'un présente la liste des communes concernées
:
Préfecture
de Seine-Maritime
Préfecture
de l'Eure
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Quelles
sont les mesures préventives
prises dans la région Haute-Normandie ?
Prévention:
En
seine-Maritime :
- Enquête départementale auprès de
toutes les communes en 1995.
- Prise en compte du risque dans les documents et les actes liés
à la construction* et à l'urbanisme.
Dans l'Eure :
- Repérage des zones exposées.
- Interdiction de construire* dans les zones repérées.
* Aucun permis
de construire ne peut être délivré dans un rayon de
60 mètres autour du puits d'une marnière (35 mètres
si la cavité est maçonnée).
Information
:
Les populations
d'une commune sont informées au moyen d'un document, établi
conjointement par la mairie et par les services de la préfecture,
appelé "DCS-DICRIM".

Extrait
d'un "DCS-DICRIM"
Ici en rose le périmètre du risque industriel, en bleu les
zones menacées
par des inondations, en marron les zones menacées par des éboulements
de falaises.
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Pour
prévenir l'accident :
S'informer sur l'existence potentielle du risque
:
- dans les mairies
- auprès des services de l'Equipement
(pour la Seine-Maritime : subdivision locale de la DDE [vous
pourrez trouver le numéro de téléphone qui vous
concerne en consultant les pages jaunes à la rubrique "Administration
de l'Equipement, des Transports et de l'Environnement"]
;
pour l'Eure : DDE 27, Service Sécurité, Contrôle
et Prévention des Risques, tél. 02.32.29.60.60)
Site Internet : Les
cavités souterraines et les mouvements de terrain dans l'Eure
- en préfecture (SIDPC,Service Interministériel de Défense
et de Protection Civile ; pour l'Eure : SIDPC tél. 02.32.78.27.27
; pour la Seine-Maritime : SIDPC tél. 02.32.76.51.03)
- auprès du BRGM (Service Géologique Régional de
Haute-Normandie, tél. 02.35.60.12.00)
- auprès des autres habitants de la commune, notamment les cultivateurs
et les "anciens"
- consulter des archives s'il en existe
N.B. Certains signes peuvent éveiller les soupçons sur
la présence possible de marnière : affaissement du terrain,
nom du lieu ("le puits", "la fosse"...)
S'il apparaît que le terrain
dont on est propriétaire est concerné par la présence
d'une cavité souterraine :
- avertir la mairie
- contacter les services de l'Etat, en l'occurence la DDE
- avertir l'assurance
Après concertation, si nécessaire s'adresser à
des spécialistes pour examiner l'étendue de la cavité
(sondages, exploration par des spéléologues...)
Il existe des techniques de consolidation des marnières : maçonnages,
construction de piliers, rebouchage... Elles ne peuvent être mises
en oeuvre que par des spécialistes.
Ne jamais s'aventurer dans une carrière
souterraine abandonnée.
Ne jamais s'approcher d'un puits ou
d'un effondrement même ancien.
Pendant
ou juste après un effondrement
Quitter au plus vite le terrain et/ou le bâtiment
affecté si l'on s'y trouve au moment de l'accident
Ne pas revenir sur les lieux du
sinistre, même si l'on pense que l'évènement est
terminé, sauf pour porter secours. Si une personne ou un animal
est enseveli, prévenir les les sapeurs-pompiers (18), voire la
police/gendarmerie (17) ou le SAMU, et tenter d'apporter les premiers
secours : amener des matériaux portants (branchages, planches),
si possible échelle et/ou cordes ; ne pas s'exposer soi-même
en descendant dans la cavité
Interdire l'accès à toute
personne non autorisée
Si cela peut se faire sans risque, couper l'eau,
l'électricité, et surtout le gaz à l'entrée
du terrain
Guider les secours.
Après
un effondrement
Contacter la mairie, ainsi que l'assurance de
la maison. La loi n° 2OO2-276 du 27 février 2002 dite "Démocratie
de proximité", dans son article 159,
classe les effondrements de cavités parmi les catastrophes naturelles,
ouvrant droit ainsi à certaines indemnisations.

Le risque
marnière vu par des élèves de collège
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J.O
n° 50 du 28 février 2002 page 3808
LOI n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie
de proximité
TITRE
VI
DE
LA PRÉVENTION DES EFFONDREMENTS DES CAVITÉS SOUTERRAINES ET
DES MARNIÈRES, DE LA LUTTE CONTRE LES DOMMAGES QU'ILS OCCASIONNENT
ET DE L'INDEMNISATION DES PERSONNES QUI EN SONT VICTIMES Article
159
I. - Les communes ou leurs groupements compétents en matière
de documents d'urbanisme élaborent, en tant que de besoin, des
cartes délimitant les sites où sont situées des cavités souterraines
et des marnières susceptibles de provoquer l'effondrement du
sol.
II. - Toute personne qui a connaissance de l'existence d'une
cavité souterraine ou d'une marnière dont l'effondrement est
susceptible de porter atteinte aux personnes ou aux biens, ou
d'un indice susceptible de révéler cette existence, en informe
le maire, qui communique, sans délai, au représentant de l'Etat
dans le département et au président du conseil général les éléments
dont il dispose à ce sujet. La diffusion d'informations manifestement
erronées, mensongères ou résultant d'une intention dolosive
relatives à l'existence d'une cavité souterraine ou d'une marnière
est punie d'une amende de 30 000 EUR.
III. - Le représentant de l'Etat dans le département publie
et met à jour, selon des modalités fixées par décret en Conseil
d'Etat, la liste des communes pour lesquelles il a été informé
par le maire de l'existence d'une cavité souterraine ou d'une
marnière et de celles où il existe une présomption réelle et
sérieuse de l'existence d'une telle cavité.
IV. - L'article L. 125-1 du code des assurances est ainsi modifié
: 1° Dans le premier alinéa, après les mots : « catastrophes
naturelles », sont insérés les mots : « et des affaissements
de terrain dus à des cavités souterraines et à des marnières
» ; 2° L'article est complété par un alinéa ainsi rédigé : «
Les cavités souterraines considérées peuvent être naturelles
ou d'origine humaine. Dans ce dernier cas, sont exclus de l'application
du présent chapitre les dommages résultant de l'exploitation
passée ou en cours d'une mine. »
V. - L'article L. 561-1 du code de l'environnement est ainsi
modifié : 1° Dans le premier alinéa, après les mots : « mouvements
de terrain », sont insérés les mots : « ou d'affaissements de
terrain dus à une cavité souterraine ou à une marnière » ; 2°
Après le premier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé
: « Ces dispositions ne s'appliquent pas aux cavités souterraines
d'origine naturelle ou humaine résultant de l'exploitation passée
ou en cours d'une mine. »
VI. - Après le premier alinéa de l'article L. 561-3 du même
code, sont insérés trois alinéas ainsi rédigés : « Il peut également,
selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, contribuer
au financement : « - des opérations de reconnaissance des cavités
souterraines et des marnières dont les dangers pour les constructions
ou les vies humaines sont avérés ; « - de l'acquisition amiable
d'un immeuble exposé à des risques d'effondrement du sol qui
menacent gravement des vies humaines, ou du traitement ou du
comblement des cavités souterraines et des marnières qui occasionnent
ces mêmes risques, sous réserve de l'accord du propriétaire
du bien exposé, dès lors que ce traitement est moins coûteux
que l'expropriation prévue à l'article L. 561-1. »
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